André Comte-Sponville, né à Paris en 1952, est un philosophe français, essayiste et conférencier.
Ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé de philosophie, il a enseigné à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne avant de se consacrer à l’écriture. Il s’est imposé auprès du grand public par une pensée claire, humaniste et accessible, nourrie notamment de Spinoza, Montaigne et des stoïciens.
Auteur du Petit Traité des grandes vertus, de L’Esprit de l’athéisme et du Dictionnaire philosophique, il défend une sagesse sans dogme, tournée vers la liberté et la joie de vivre.
Dans un interview d'André Comte-Sponville par Valentine Faure, paru le 07/04/24 dans le journal Le Monde, le philosophe disserte sur la mort, les certitudes et croyances qu'il a abandonnées au cours de sa vie. Extrait sur l'athéisme:
"Le grand changement est arrivé très tôt, vers 18 ans : je suis passé du christianisme à l’athéisme. Ça fait un sacré changement ! Je ne suis pas passé d’une certitude à une autre, je suis passé d’une croyance à une incroyance, avec dans les deux cas le sentiment du doute. Je vénère Pascal, je suis beaucoup plus proche psychologiquement de lui que d’aucun autre penseur. Mais quand il dit qu’« il n’y a de bonheur dans cette vie que dans l’espérance d’une autre vie », je ne peux plus le suivre ! Sans compter que la perspective du salut ou de l’enfer, c’est un poids terrible à porter.
Pour l’athée, tout est plus simple, plus léger, plus libre. Quand j’ai perdu la foi, je me suis senti libéré du regard de Dieu. Certains de mes amis me disent : mais c’est un regard d’amour ! Je leur réponds que, justement, c’est ça le pire ! Lequel d’entre nous pourrait envisager de vivre en permanence sous le regard de sa mère ? Ce serait l’enfer, justement parce que c’est un regard d’amour, qui n’en pèse que plus lourd.
Être libéré de l’amour de Dieu, ça m’a fait un bien fou, et plus ça va, plus ça me fait du bien. C’est l’humoriste Alphonse Allais [1854-1905] qui disait : « Ne nous prenons pas au sérieux, il n’y aura aucun survivant. » Il a raison ! Quand j’ai découvert qu’il n’y aurait aucun survivant, qu’il n’y avait pas de paradis à espérer, pas d’enfer à redouter, pas de purgatoire, rien du tout : quelle légèreté ! Quelle liberté ! Comme la vie devenait simple ! Donc j’ai perdu la foi pas du tout dans l’angoisse, les craintes, les tremblements, mais dans un grand sentiment de libération, de simplification, de légèreté, que j’ai appelé le gai désespoir."
Article complet: LeMonde
Comte-Sponville Wikipedia

Rencontre avec André Comte-Sponville
Philosophie et éloquence se rencontrent dans cet échange captivant avec André Comte-Sponville, invité par l'Atelier de la langue française. Ensemble, nous abordons des thèmes universels et profonds : le bonheur, la morale, la vie, la mort, et son dernier ouvrage, L'Opportunité de vivre. Une occasion unique de revisiter l’ensemble de son œuvre et de nourrir notre réflexion sur l’existence.
Vidéo You Tube de la chaîne "Atelier de la langue" en français de 1h 47 min


