Ce texte est lisible sur l’un des murs du camp de concentration de Mauthausen-Gusen, écrit par l’une des 1,1 million de victimes de l’Holocauste, dont le nom ou le sort est inconnu.
La phrase originale est :
« Si existe un Dios, tendrá que rogar mi perdón. »
Elle aurait été écrite par un prisonnier républicain espagnol, en référence aux atrocités vécues dans le camp. Les républicains espagnols constituaient une grande partie des prisonniers du camp après leur exil et leur capture par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.
Chaque année le 27 janvier, un hommage est rendu à la mémoire des victimes de l’Holocauste et réaffirme son engagement indéfectible à lutter contre l’antisémitisme, le racisme et les autres formes d’intolérance qui peuvent conduire à la violence ciblée sur un groupe. La date marque l’anniversaire de la libération du camp de concentration et d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau le 27 janvier 1945.
Le message exprimé dans ce texte témoigne d’une profonde douleur, d’un désespoir existentiel et d’une révolte morale face aux horreurs indescriptibles vécues dans le camp de concentration. L’auteur semblait vouloir transmettre plusieurs idées fondamentales :
Un cri de révolte contre l’injustice
Le texte reflète une indignation face à la souffrance humaine extrême infligée dans un monde où Dieu, s’il existe, semble absent ou impuissant. L’auteur s’interroge sur la responsabilité morale de Dieu devant les atrocités qu’il a permis ou qu’il n’a pas empêchées.
Une dénonciation de l’inhumanité
Par cette phrase, l’auteur souligne l’ampleur de la barbarie humaine, qu’il juge tellement monstrueuse qu’elle dépasse toute explication ou justification religieuse.
Un sentiment de trahison
La phrase peut aussi être interprétée comme le sentiment que les victimes, innocentes, ont été abandonnées non seulement par les hommes, mais aussi par une entité divine censée protéger ou guider l’humanité.
Une inversion de la relation traditionnelle avec Dieu
Traditionnellement, ce sont les humains qui demandent pardon à Dieu pour leurs fautes. Ici, l’auteur inverse cette dynamique, exigeant que Dieu lui-même demande pardon pour les souffrances qu’il a laissées s’abattre sur les victimes.
Ce message est un témoignage poignant. C’est un cri à la fois personnel et universel, parlant de la quête de sens face à une tragédie incompréhensible.
La Shoah a fondé le champ de l’athéisme juif contemporain
Selon Shmuel Trigano, la Shoah a eu un impact important sur la relation au divin parmi les Juifs et parmi les penseurs juifs et du Judaïsme.


